samedi 31 mars 2018

Corriger les couleurs flashy avec Photomatix 6

Si vous avez déjà assemblé des photos HDR, vous savez que le processus de fusion de vos clichés peut générer un défaut sur certains objets ou zones avec des couleurs saturées :
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C'est un problème courant, des couleurs peuvent apparaître plus saturées qu'elles ne le sont en réalité, et pour cause: quand vous photographiez une voiture de couleur vive, un feu de signalisation, une enseigne lumineuse, l'assemblage HDR sélectionnera la vue qui contiendra le maximum d'informations. Les vues brulées seront mises de côté et ce sont les vues qui auront des couleurs bien criardes qui seront utilisées.

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Certes, ça donne un style à l'image, on peut souhaiter volontairement ce type d'effet, mais dans mon cas, c'est un défaut, dont j'ai horreur. Jusqu'à présent, éliminer ce type de surréalisme faisait partie de mon processus de retouche habituel, je corrigeais la saturation de chaque objet après l'assemblage dans un logiciel du type de Photoshop.

Depuis longtemps, Photomatix permet de modifier séparément la saturation des zones claires ou des zones sombres. Il s'agit d'ajustements primordiaux que je réalise sur chaque image. Ces réglages interviennent sur l'ensemble de l'image, mais ne corrigent pas ou impactent très peu le problème des objets flashy.

Un nouvel outil intégré

Depuis la version 6 de Photomatix, les concepteurs ont eu la brillante idée d'intégrer un pinceau sélectif de retouche de couleurs . Avec cet outil, vous avez la possibilité de sélectionner une zone d'image avec la souris, et assez précisément, pour corriger la saturation, la teinte ou la luminosité au cas par cas.
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Notez qu'il vous permet de travailler sur une composante sélectivement (rouge, bleu, jaune par ex.) et ainsi ne pas altérer les couleurs environnantes.
image(Avant corrections)
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(Après corrections)


Exemple, le ciel est gris, mais en fait non

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Il m'arrive d'assembler des ciels gris. Un ciel gris c'est gris me direz-vous, et bien pas vraiment. En général, on y trouve un peu toutes les teintes, du "bleu ciel" au léger gris orangé de fin de journée.

C'est souvent imperceptible et c'est typiquement le genre de cas où le pinceau de retouche peut vous aider. En sélectionnant quelques pointes dans le ciel, vous avez la possibilité, soit de le griser complètement, soit d'augmenter la saturation. Encore une fois, en fonction de votre appréciation et de votre envie du moment, vous pouvez ajouter une touche de couleurs qui fera toute la différence.

Voici une vue de Cardiff réalisée en avril 2017. J’ai augmenté la saturation sur une zone du ciel pour ajouter une touche de teinte rouge-orangée afin de contre-balancer le bâtiment (Pierhead)couleur brique à droite.

Cardiff Bay 12


Un bâtiment, une poubelle ou une cabine de téléphone anglaise.

imageVoilà le genre d'objet avec lequel je me bats au quotidien, des objets saturés que seul le mobilier urbain sait nous offrir: une vaste palette aussi moche que variée.








imageSur cette photo prise à Liverpool, j'ai retouché les poubelles bleues à gauche (pas seulement oui :P), complètement saturée à l'origine.


Albert Dock 4
Bref, un outil astucieux qui peut vous faire gagner pas mal de temps et vous évitera souvent le passage dans un logiciel plus lourd.

Voici l’image finale réalisé pour ce billet, je l’ai prise à Southampton lors de mon périple en Angleterre l’année dernière.
Bloc immeubles 1
Et si vous souhaitez refaire le cliché, je vous mets la carte :
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Liens utiles

Hdrsoft Photomatix : https://www.hdrsoft.com/fr/index.html
Nouveautés de Photomatix 6 : https://www.hdrsoft.com/fr/what-is-new.html
Autres billets sur Photomatix : http://philschutz.blogspot.ch/search/label/Photomatix

mardi 12 septembre 2017

Animoji, l’émotion façon Apple

J'aimerai revenir sur une nouveauté présentée par Apple lors du keynote du jour : les animojis. Si vous ne l'avez pas regardé, il s'agit d'emojis animés, reproduisant votre mimique face à la caméra. Prenez l'air furieux, surpris, heureux et l'emoji vous mimera. C'est mignon, amusant et ça travaille sur l'émotionnel qu'Apple sait si bien mettre en avant.

Mais qui y'a-t-il à dire à ce sujet ? Beaucoup de choses. Revenons d'abord sur son histoire.

L'émoji d'origine dérive d'une parenthèse et d'un double point, D'ASCII-art il est devenu une icône. Il  a émergé il y a déjà un moment dans le monde virtuel. Multiplié en une pluie d'expressions, de visages, d'animaux, d'objets, de drapeaux et symboles, on en dénombre tellement qu'aujourd'hui on peine à trouver dans le catalogue celui qui collera le plus au message qu'on souhaite faire passer.

Les langues évoluent en permanence. Elles raccourcissent, se transforment et s'optimisent au grès des époques. Vivantes, elles voient apparaitre de nouveaux mots, permettant de qualifier le nouveau monde et disparaitre d'autres éléments devenus obsolètes (je pense par exemple au point d'ironie si utile, mais disparu malheureusement). La richesse du vocabulaire permet de nuancer les propos minutieusement. Pourtant en ce début de 21e siècle on a perdu quelque chose d'absolument essentiel dans nos langues : l'émotion.

L'émoji transmet l'émotion que les mots n'arrivent plus à faire passer aujourd'hui.

L'émoji, comme une combinaison de plusieurs mots, permet d'atténuer ou d'exacerber l'idée exprimée. L'ironie en est un bon exemple, j'en suis un grand amateur. Il m'est depuis longtemps devenu impossible d'en faire preuve à l'écrit sans risquer le quiproquo avec mon interlocuteur. D'ailleurs ça m'arrivait tellement souvent de créer accidentellement des incompréhensions que j'ai moi-même pris l'habitude de coller des émojis à la fin de mes discussions. J'admets, ça m'a facilité grandement la vie.

Smiley qui sourit, qui pleure, qui rigole, combien de fois avez-vous envoyé l'un d'eux à un correspondant ? Souvent j'imagine, c'est la norme en matière de communication. La flemme aussi y contribue, trop longue à écrire une réponse, ou pire, ne sachant quoi dire, un émoji souriant fera acte de récépissé. C'est neutre, mais poli.

L'émoji permet d'envoyer une émotion sans qu'on ait à l'exprimer par écrit ou dans le monde réel. Avez-vous remarqué que les gens qui téléphonent avec un kit mains libres ont souvent toute une gestuelle avec leurs mains et qui ne s'adresse à personne ? Si si, le correspondant (audio) ne voit pas la communication corporelle. Mais humain, on continue de faire comme si la personne était devant nous. La voix transmet une émotion et notre cerveau se met alors à créer une vision plus réelle dans notre esprit de l'individu que si on lisait un simple message.

Ça m'amuse d'observer la réaction des gens quand ils sont sur leur smartphone. Ils sourient, ils froncent les sourcils, ils expriment tout un tas d'émotions qui pourtant ne s'adressent pas à au public directement à proximité (dans un arrêt de bus par ex.).

Le monde change et aujourd'hui les animojis vont créer de nouveaux comportements encore plus zarbi que ce qu'on connaissait. Imaginez quelqu'un faire semblant de pleurer dans la rue juste pour "configurer" son animoji telle qu'il l'imagine.

L'émoji nous permettait de transmettre une émotion forte, mais discrètement sans "se faire remarquer" dans l'anonymat d'une ville. L'émoji était l'émotion hygiénique, celle qu'on plaçait dans une petite poche plastique étanche pour l'envoyer sur internet. C'était pratique et discret.

L'animoji va-t-il créer l'effet inverse? Un flot de ridicules poésies urbaines aux expressions caricaturales ne s'adressant à personne directement présente ? Faudra-t-il un jour faire semblant de ne pas remarquer ces mimes de rue en train de grimacer devant leur tacticol-racloir-retina ? Je ne sais pas, mais j'adore le 21e siècle et suis impatient de le savoir. :)

Qu'en pensez-vous ?

samedi 22 avril 2017

15 avril 2017 - Southampton

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Il était temps de quitter Brighton pour me rendre à Southampton. Le nom de cette ville nous évoque naturellement les grandes traversées transatlantiques, c'est le port de départ des plus grands paquebots de la belle époque et notamment le plus célèbre d'entre tous : le RMS Titanic de la White Star Line. Je ne vais pas vous refaire l'histoire du navire qui a sombré le 10 avril 1912, la coque éventrée par un gros glaçon dans l'Atlantique, James Cameron l'a fait mieux que moi ^^. Concentrons-nous plutôt sur la ville qui l'a vu partir.

Le mythe du Titanic m'a conduit ici. Soyons honnêtes, je rêve d'aller à New York en paquebot, la scène du film du départ m'a fait rêver, j'avais à coeur d'aller photographier Southampton depuis très longtemps. L'occasion pour moi d'aller visiter le musée maritime local qui consacre justement une belle exposition sur le sujet.

SeaCity Museum - Havelock Rd, Southampton

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Le bâtiment est difficile à louper. Surmonté d'une grande tour carrée qui rappelle le phare d'Alexandrie, il est couplé avec une galerie locale : Southampton City Art Gallery.

Une notice explicative en français est disponible pour ceux qui le souhaitent. Le parcours de l'exposition est évidemment centré sur le Titanic, mais se place sur un angle différent de ce qu'on a l'habitude de voir: les conséquences du naufrage sur Southampton et ses habitants.

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On accompagne dès le départ 6 personnages, le capitaine Edward John-Smith, l'officier en second Charles Herbert Lightoller, le porteur de charbon Walter Francis Fredericks, la stewardess Mabel Benett, le steward Sidney Sedunary et le marin Archie Jewell. Qu'ont donc toutes ces personnes en commun autres qu'elles étaient à bord du Titanic ? Et bien elles sont toutes liées à Southampton. L'exposition a pour objectif de nous rappeler que des 889 membres d'équipage la plupart étaient natifs de la ville où y avaient séjourné avant le départ. Le naufrage fut une réelle hécatombe et Southampton à perdu pratiquement 2% de sa population cette lui là. D'un coup ça la sensation que l'on ressent est étrange.

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La visite est vraiment pédagogique et nous montre les différents rôles de chacun et à quel point il s'agit d'un drame purement humain.

Tudor House

Il existe en Angleterre, et ce n'est pas la première que je rencontre, des maisons historiques, souvent sous forme de micromusée qui reconstitue des époques. Southampton n'échappe pas à la règle, et on peut visiter si l'humeur vous chante la Tudor House.

Il s'agit d'une charmante bicoque de 800 ans dans lesquels ont été reconstitués avec différents moyens, les époques qu'elle a traversées. Je n'ai pas fait de photos, l'endroit était difficile, car petit et envahie de vieilles dames anglaises qui semblaient trouver un intérêt fort intéressant à la visite (moi aussi d'ailleurs, mdr).

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Comparaison de l’évolution de notre alimentation (très drôle) :20170412_115908305_iOS 

Y’a souvent des surprises dans ce genre de musée, là c’était un chien empaillé, c’est d’un bon goût ^^20170412_114803604_iOS

Southampton est une ville très différente de Brighton. Elle n'a pas ce côté divertissant et ludique qu' amènent le parc d'attractions et la plage de la ville plus à l’est. Toutefois, d'un point de vue purement photographique, on peut y trouver quelques curiosités amusantes à photographier. Je me suis baladé sur le port, au petit matin, testé le Starbucks local, c'était frisquet, mais intéressant. La ville est moins touristique, mais plus sincère dans sa réalité.

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mercredi 12 avril 2017

11 avril 2017 - Brighton

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Me voilà enfin arrivé en terre britannique. Partie en ferry de Dieppe, j'ai traversé la Manche sur un grand bateau transportant piétons camions, voitures et apparemment beaucoup de bière, enfin ce sont les jeunes Anglais un peu éméchés sur le pont supérieur et leur pile de verres vides qui me font penser ça. :)

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Bref, après une traversée sans encombre je suis arrivé de nuit à Newhaven, qui comme son nom l'indique, n'a été qu'une simple gare pour me rendre à Brighton.

La ville de Brighton, du Sussex de l'Est est la station balnéaire par excellence. Très prisée par les Londoniens, elle n'est qu'à une heure de train de la capitale. Installé dans une baie peu profonde, on y trouve de longs quais bordant une immense plage de galets aux couleurs sable (un galet couleur sable ? c'est innovant ça comme idée!). On trouve trois attractions principales à Brighton (en réalité on en trouve beaucoup plus) Le Royal Pavilion, construit par George IV, le Brighton Museum & Art Gallery (fermé le lundi, pas pû le visiter) et le Brighton Pier, un genre d'immense parc d'attractions construit sur pilotis. (pilotis, truc lacustre, lac Léman, touça qwoi)

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Le Brighton Pier, c'était la raison qui m'a motivé à venir sur place. Je l'avais vu dans des films, des photographies, cet immense ponton sans fin recouvert de jeux et de trucs qui sentent le popcorn ou la barba papa est la trace la plus visible du passé de la ville dans le19e siècle.

J'ai réalisé pas mal de photos de l'objet. Depuis la plage, par les quais, sous tous les angles. Je me suis régalé. Le soir au coucher de soleil, la baie prend une douce couleur dorée très plaisante et la température était étonnamment agréable.

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Le Royal Pavilion

Entouré d’un parc "à l'anglaise" c'est-à-dire avec une pelouse plus verte qu'un haricot et plus fine qu'un cheveu, l'étrange édifice blanc à l'architecture "indienne" détonne parmi les autres bâtiments en briques rouges de la ville.

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Construit par le prince régent et futur roi George IV, il était destiné à être un palais des plaisirs, et comme le prince aimait la nourriture, les grandes fêtes et les femmes, il s'y adonnait avec une énergie et une passion sans faille (citation audioguide du royal pavilion, mdr). On ne peut pas réaliser de photos à l'intérieur, mais je ne peux que vous conseiller de le visiter. Il est décoré richement, des décors chinois (appelé "chinoiserie") et orientaux. Les murs sont recouverts de trompe-l'oeil et la magnificence de l'endroit est réellement saisissante.

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L'histoire du Royal Pavilion mérite qu'on s'y attarde. De palais des plaisirs, il devint résidence royale ou même la reine Victoria séjourna. Elle le trouvait trop petit et curieusement décoré, mais il semblerait qu'elle appréciait. Pendant la guerre mondiale (1er ou seconde, j'ai un doute) il devient un hôpital pour soigner les Indiens qui combattaient sous drapeau britannique. Un peu plus tard il sera un hôpital pour tous et sera au final vendu à la ville qui, à l'aide de fonds levé par l'armée (oui, c'est un peu l'armée qui l'avait bousillé), procédera à sa remise en était (d'origine).

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Voilà, Brighton est une ville qui vaut le coup d'oeil, je vais la quitter et me rendre à Southampton, la suite dans un prochain billet :)

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Petite anecdote amusante tirée de Wikipédia

En 1896, après l'abolition de la loi qui obligeait les automobiles à suivre un homme avec un drapeau rouge, les automobilistes britanniques célébrèrent en faisant de Brighton la destination d'une course automobile de Londres. Jamais après, la course de voitures anciennes Londres-Brighton annuelle attire beaucoup de spectateurs.

mardi 11 avril 2017

9 avril 2017 - Dieppe

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Par sécurité, j'ai choisi de faire une halte dans la ville de Dieppe. En effet, réaliser un Charleville-Mézières - Brighton en une seule journée me semblait un peu risqué. C'était l'occasion aussi de visiter et photographier la ville portuaire qui fait face à la Grande-Bretagne.

Dieppe est une cité normande ancienne. Tourné vers la mer, elle est l'un des ports permet aujourd'hui de relier l'île britannique en Ferry. C'était la raison principale de ma visite à Dieppe. À la fin du 19e siècle, la ville connait un essor nouveau et devient une ville de plaisance. On y vient pour profiter des bains d'eau de mer, de la plage et de l'air marin. Des hôtels sont alors érigés sur le front de mer et très vite, elle devient une station balnéaire en vogue, tout comme Deauville.

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Comme d'habitude, je me suis levé à l'aube et j'ai arpenté les rues de la cité avec mon Nikon. Le matin, il règne un calme plat. Les cris des mouettes (est-ce vraiment des mouettes d'ailleurs ? ça à la taille d'une dinde, c'est peut-être un goéland non ?) nous rappelles que nous somme dans une ville côtière.

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La ville est littéralement coupée en deux par son port. Il y a quelques années les ferrys arrivaient directement dans la ville, mais une nouvelle infrastructure a été construite un peu plus loin. Depuis la plage, il y a pas mal à marcher pour rejoindre la gare maritime.

J'ai également visité le château de Dieppe. Point stratégique d'entrée et de commerce avec la Grande-Bretagne, une forteresse imprenable a été bâtie et tour à tour prise par les Anglais, les Normands, etc. Enfin une histoire passionnante, mais courante dans cette région :P

Ce soir, je traverse la Manche pour rejoindre New Haven puis Brighton.

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Merci de me suivre :)